Présentations


"L'important n'est pas la destination, c'est le voyage" RL Stevenson


Ce site est un blog de voyage d'une famille à vélo. Il a principalement comme but de donner de nos nouvelles à notre famille et amis. Les visiteurs sont les bienvenus.

vendredi 19 février 2010

Vientiane






Enfin nous atteignons Vientiane. L’impression qui s’en dégage est la quiétude. La circulation est fluide avec peu de voitures. Elle ne ressemble pas à une capitale mais plutôt à un petite ville de province paisiblement installée le long du Mékong. Manu avait peur qu’elle n’ait beaucoup changé depuis sa visite en 2005 mais il est vite rassuré. L’ambiance d’ancienne ville coloniale est toujours bien présente avec une douceur de vivre à la française très agréable (croissants, terrasse de café…).
Nous décidons de tout faire à pied étant donné la faible étendue de la ville. Nous visitons quelques temples, flânons le long du Mékong et aux terrasses des cafés.
(écrit par Nawal)

La boucle



Nous étions à 330 kms de Vientiane lorsque Manu me dit un matin au petit-déjeuner: « A ce rythme nous serons arrivés dans 2 jours. Que dirais-tu de faire une boucle de 300 kms à l’est du pays? Les paysages karstiques sont parait-il magnifiques. Nous n’avons pas encore fait de montagnes et cela me plairait bien. Sur la route nationale, nous filons et cela commence à manquer d’intérêt! »
Je lui réponds: « La route est à priori non bitumée, caillouteuse par endroit et puis on commence à se rapprocher du but, pourquoi rajouter des kilomètres en plus. Le nord du Laos va être suffisamment montagneux! ».
Il avait déjà planifié les étapes et regardé les points d’intérêts touristiques. Il suscite ma curiosité!
Nous plions bagages et partons faire cette boucle!
En route, nous visitons des grottes et admirons le paysage réellement magnifique. La route serpente au milieu de massifs karstiques impressionnants de hauteur et traverse de petits villages typiques. Lorsque nous nous arrêtons en milieu d’après-midi pour nous ravitailler en eau, une jeune femme demande notre destination. A notre réponse, elle éclate de rire en nous faisant comprendre que la route est extrêmement raide et que nous ne monterons pas avec tout notre barda.
Nous partons néanmoins. Nous apercevons le sujet de rigolade de cette dame. Il s’agit d’une pente de plus de 15% de moyenne. Nous n’avons jamais vu de pente comme ça auparavant (même dans les Alpes). Nous avons l’impression que les laotiens ont voulu économiser le nombre de virages et la quantité de bitume tout en dépassant le record de la route la plus raide du monde.
Nous moulinons sur le vélo pour essayer de grimper. Nous nous arrêtons au bout de 700m hors d‘haleine, poussons le vélo pendant 200m puis remontons en selle à l’assaut de cette montagne et ainsi de suite pendant 5 kms! Nous atteignons le sommet presque morts!
Le lendemain, la route est moins raide mais en très mauvais état: le bitume a cédé sa place à une mauvaise route en terre caillouteuse. Au 45 ème kilomètre, nous entendons un drôle de bruit que Manu attribue immédiatement au son de rayons cassés. 4 rayons cassés! Il essaie de réparer la roue mais la cassette est grippée et il est impossible de remplacer les rayons sans enlever celle-ci. Il va falloir trouver un autre moyen de locomotion. Nous arrêtons un pick up qui nous prend en stop avec passepartout. Je fais le reste de la route assise à côté d’un homme armé d’une kalachnikov. Je ne suis pas rassurée. Ces hommes sont néanmoins charmants et nous déposent dans la ville la plus proche à 40 kms sans rien nous demander et après nous avoir offert à boire et à manger!
Passepartout a moins apprécié le voyage et le cadre a été endommagé par les trop nombreux chocs de la route. Après quelques heures de réparation, il est prêt pour repartir.
Le lendemain, nous franchissons avec hardiesse un col et le descendons à vive allure. Nous sommes contents de nous, soulagés d’être sortis de ces montagnes et les admirons au fur et à mesure que l’on s’en éloigne.
A peine 1 heure plus tard, nous nous retrouvons devant des massifs karstiques sans trouée apparente. A mesure que l’on s’en approche, nous comprenons qsue cela va encore grimper. Nous sommes découragés d’autant que la pente est encore raide. Nous poussons le vélo dans les premiers virages. J’avoue à Manu que pour clôturer le tout nous n’avons presque plus d’eau (je suis responsable de l’eau!). Nous grimpons péniblement ce 2ème col qui offrira toutefois une vue splendide ! Un 3ème col nous attend encore ce jour là! Sur les derniers kilomètres, je suis tellement fatiguée que je tourne les jambes sans force en laissant à Manu le soin de nous mener à bon port.
(écrit par Nawal)

Les rayons de miel



A midi, nous faisons souvent une halte dans de minuscules villages. Pour déjeuner, les plats disponibles se résument généralement à une soupe de nouilles. Après le repas nous sommes en manque d’un petit dessert alors nous prenons des bananes ou des gâteaux de riz soufflé.
Un jour, un homme m’aborde. Il revient de la forêt avec sa récolte toute fraiche dans un seau. Il s’agit de rayons de miel qui se présentent sous la forme d’une grande galette de 80 cm de circonférence. Il me dit que c’est délicieux. Je me laisse tenter et lui en demande un morceau qu’il s’empresse de couper et de mettre dans un sac plastique. En prenant le sac, je m’aperçois que des asticots bougent au fond. Intrigué, je regarde de plus près et je constate que la galette n’est pas constituée de rayons de miel mais par des centaines d’alvéoles avec des larves d’abeilles. Les abeilles sont à différents stades de développement depuis le gros asticot blanc jusqu’à la petite abeille transparente. Chaque larve bouge dans son alvéole. L’homme a du lire ma perplexité sur mon visage car il éclate de rire. Il m’explique alors comment les manger. Il ouvre une alvéole avec les ongles, en sort la larve et l’avale. Il me tend le sac pour que je l’imite. Un peu réticent, j’ouvre également une alvéole. Je choisis une larve sous forme d’un asticot (au moins je suis sûr que le dard n’est pas encore formé). L’asticot bouge au bout de mes doigts. Je l’avale. Dans la bouche, la larve libère un suc proche du miel qui est plutôt bon. J’en prends une autre. Nawal me regarde horrifiée et dégoutée. Elle ne veut plus que je l’approche et n’a décidément plus faim. Après en avoir mangé une quinzaine, nous repartons. J’accroche le sac à l’arrière du vélo malgré les récriminations de Nawal qui me promet tous les maux de l’enfer si jamais elle retrouve un seul asticot dans ses affaires. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, sous pression féminine, je me débarrasse du contenu du sac. C’est dommage, Nawal pédalait drôlement vite depuis que 200 larves gigotaient à quelques dizaines de centimètres de ses fesses.

lundi 1 février 2010

Champasak





Nous sommes allés voir l'un des temples les plus sacrés du Laos, le Wat Phu Champasak datant de l’époque d’Angkor. Nous sommes tombés en plein dans la plus grande fête annuelle du temple pour laquelle des milliers de laotiens avaient fait le déplacement. L’ambiance de kermesse, la foule, les vendeurs de toutes sortes et les hauts parleurs déversant à fond de la musique pop ou des paroles bouddhiques tranchent avec la sérénité des quatre mille îles, mais nous avons eu plaisir à nous mêler à la ferveur populaire pour aller faire brûler quelques bâtonnets d’encens dans l’enceinte sacré du temple tout en haut de la colline.
Nous avons poursuivi notre remontée du Mékong en souffrant un peu de la chaleur (plus de 40° en plein soleil) mais cela ne nous a pas empêché d’enregistrer un nouveau record: 170 kms en une étape (7h30 de vélo). A l’heure de l’apéro, Nawal, toute fraiche, a suscité la jalousie de la femme d’un Australien (couple voyageant en vélos solos ayant fait cette étape en deux jours) qui aurait bien voulu être en tandem pour aligner les kilomètres avec une telle facilité. Ce qu’elle ne sait pas c’est que Nawal fait plus que sa part du travail et a bien eu du mal à finir l’étape du lendemain de 80 kilomètres tant elle était fatiguée.

Les quatre mille îles




Nous avons récupéré Passe partout et avons quitté le Cambodge (avec un petit pincement au cœur) pour nous rendre au Laos. Les quatre milles îles sont une région du sud du Laos où le Mékong s’élargit sur plusieurs dizaines de kilomètres en laissant apparaitre des multitudes d’îles de tailles diverses. Se perdre en bateau au milieu de ces îles est particulièrement agréable. La vie s’y écoule hors du temps. Il n’y a quasiment pas de véhicules et la tranquillité est le maitre mot. Nous avons passé trois jours sur une de ces îles. J’avais prévenu Nawal que les laotiens étaient plutôt d’un tempérament calme voir flegmatique mais le caractère du propriétaire de notre guesthouse a dépassé toutes mes prévisions. Cet homme de 60 ans vit avec une économie de gestes, de mots et d’émotions accompagnée d’un éternel sourire aux lèvres. En trois jours, nous ne l’avons jamais vu dire plus de trois mots, élever la voix ou faire un mouvement rapide. Il se dégage de lui un telle sérénité qu’en sa présence nous chuchotions presque. Il représente bien l’ambiance que nous avons vécue sur ces îles.

Tentative de suicide

Nous avons donc passé quelques jours dans le Ratanakiri à aller se baigner dans un lac de cratère de volcan et à visiter de jolies cascades. Ces quelques jours ont été plutôt tranquilles mis à part une tentative de suicide de Nawal. Nous étions installés à notre habitude dans un petit restaurant. En Asie, les plats commandés arrivent toujours dès qu’ils sont prêts soit parfois avec des dizaines de minutes d’écart. Nous avons copié les habitudes locales consistant à mettre les plats en commun. Ce soir là, la serveuse pose sur la table des végétaux frits avec du riz. Au milieu du plat trône un magnifique piment rouge de 8 cm. Nous commençons à manger. Je me ressers quand quelque chose m’interpelle. Le piment rouge a disparu du plat! Je regarde Nawal qui a englouti le piment le prenant pour un petit poivron rouge. Elle passe lentement par toutes les couleurs de l’arc en ciel pour finir par un rouge écarlate. Ses yeux s’injectent de sang, elle pleure et se mouche abondamment. Sa bouche s’ouvre en tentant vainement de faire sortir un peu du feu qui lui brûle les entrailles. Elle vide d’un coup mon verre de bière et se précipite sur le riz blanc sans arriver à diminuer l’intensité de la brûlure. Je ne peux que la plaindre et lui tendre des mouchoirs. Elle en sera quitte pour quelques jours de douleurs gastriques, une prise quotidienne de smecta et d’inexium et une abstinence totale de piment et d’alcool pendant une semaine.

mercredi 20 janvier 2010

Kratie et Stung Treng




Nous sommes allés voir les dauphins de l’Irrawady. Il s’agit d’une espèce de dauphin d’eau douce en grand danger de disparition (il ne reste plus que 75 dauphins au Cambodge). Le site où on peut les voir se situe dans un élargissement du Mékong à un endroit où le fort courant cède la place à des eaux tranquilles et à une multitudes de petits îlots. Nous avons pris un petit bateau pour nous perdre dans ces îlots. La première demi-heure s’est passée sans voir une seule nageoire. Soudain un, deux, puis sept ou huit dauphins ont nagé autour de nous. Le guide a attaché la barque à un îlot et nous avons passé plus d’une heure à voir les dauphins évoluer et à les écouter respirer. C’était vraiment un moment magnifique. Cependant vous n’aurez aucune jolie photo de ces dauphins à tête ronde (ils n’ont pas de nez) car ils sont quasiment impossible à photographier. Ils n’apparaissent jamais au même endroit et replongent avant qu’on ait pu les prendre en photo. Lorsqu’on les attendait à bâbord, ils venaient nous narguer en apparaissant à 10 mètres de nous à tribord!

Le lendemain, nous avons effectué une étape de 144 kilomètres. Il s’agit de notre record pour l’instant. Le vent était contre nous (comme souvent). Nous sommes arrivés moins fatigués qu'après les 115 kms de piste. Nawal est très fière d’avoir pu soutenir un tel effort physique pendant près de 7 heures.

Nous sommes donc à Stung Treng. Après avoir roulé pendant près de 600 kms en 8 jours, nous ne sommes plus qu’à 65 kms de la frontière laotienne. Avant de franchir celle-ci, nous voulons visiter la province reculée du Ratanakiri pour nous baigner dans un cratère de volcan et dans des cascades. Rejoindre cette province, qui est un cul de sac, nous oblige à prendre une mauvaise piste sur 165 kms sans possibilité d’étape (soit 330 kms AR). Nous décidons de faire notre première infidélité à Passe partout en prenant un minibus et en le laissant à Stung Treng. Nous voila donc entassés à 18 dans une camionnette prévue pour 14 et brinqueballés de tous côtés.
Nawal râle: « Si la route avait été en bitume, j’y serais allée en vélo » . Je souris. Nawal apprécie de plus en plus le voyage à vélo. Elle est contente chaque fois que l’on repart sur Passe partout après quelques jours de pause et refuse de prendre des véhicules motorisés. Elle envisage même de faire l’Amérique du sud en tandem!

Kompang Cham




Après une petite journée de repos occupée à visiter une plantation d’hévéas et son usine de caoutchouc à 20 km de la ville en vélo ainsi qu‘une petite île à l‘écart du temps, nous repartons pour Kratie (distant de 115 kms). Nous sommes partis un peu tard ce matin (9h30) mais nous prenons notre temps traversant de charmants villages sur une petite route bitumée le long du Mékong. Nous visitons un temple perché sur une colline avec un beau panorama sur le fleuve. Le bitume s’arrête (c’était trop beau) pour céder la place à un mauvais chemin. Les trous sont tels que le porte bagage casse sa fixation. Je répare sous le regard attentif de 16 paires d’yeux (chacun de nos arrêt dans des hameaux est l’occasion d’un véritable rassemblement!). A 13h, il nous reste encore 80 kms à faire. Nous commençons à craindre de ne pas arriver avant la nuit si la route ne s’améliore pas. Nous déjeunons de quelques bananes frites (seule nourriture disponible) et nous repartons de plus belle. Heureusement, la piste s’améliore puis nous rejoignons une route bitumée. Nous sommes confiants pensant que cela va durer jusqu’à Kratie mais c’était sans compter sur les travaux de voirie qui font disparaitre le bitume et transforme la route … en piste! Les 25 derniers kilomètres me semblent difficiles. Nawal m’impressionne, elle a tellement envie d’arriver avant la nuit qu’elle appuie à fond sur les pédales. Le résultat est que nous entrons dans la ville à plus de 27 km/h.

Prey Veng



Ce matin nous sommes partis de Prey Veng pour rejoindre Kompang Cham. A la sortie de la ville, le bitume cède la place à la piste. Les véhicules qui nous doublent soulèvent un énorme nuage de poussière derrières elles. En quelques minutes nous sommes recouverts de poussière rouge qui s’infiltre partout (et qui colle à la crème solaire me faisant une sorte de deuxième peau). Le vent souffle par bourrasque contre nous et freine sérieusement notre progression. Au bout de deux heures, nous nous trouvons à un croisement. Le GPS m’indique de faire un grand détour (j‘ai entré le chemin sur Google earth depuis Saigon). Nous demandons le chemin à une vieille sur le pas de sa porte qui nous indique l’autre direction. Nous suivons son conseil d’autant plus facilement qu’il semble raccourcir la route et nous permet de nous mettre à l’abri du vent. Au bout de 10 kilomètres, la piste ne ressemble plus qu’à un mauvais chemin rarement emprunté. Nous traversons des rivières à gué, des ponts branlant en bois et d’autres en fer datant de l’époque coloniale française. Les trous et bosses sont tels que Nawal et la remorque sautent en permanence. Nous évitons de justesse plusieurs chutes en passant dans du sable. Notre moyenne kilométrique s’effondre avec des passages à 10 kilomètres heures. Nous arrivons sur un pont cassé qu’il va falloir contourné par un gué. Nous nous élançons sur la berge abrupte et sablonneuse, prenons de la vitesse, traversons le gué constitué de planches posées sur le lit de la rivière, gardons de la vitesse pour remonter sur l’autre rive et … dérapons sur le sable et chutons. C’est notre première chute, heureusement sans conséquence car amortie par le sable. Les cambodgiens sont hilares et nous encore plus poussiéreux (comme si c’était possible!). Nous faisons une pause dans une gargotte. « Il ne nous reste plus que 20 kilomètre à vol d’oiseau, ça va être facile ». En fait, le chemin fait tellement de détours et est en si mauvais état que nous avons mis plus de deux heures et demi pour rejoindre Kompang Cham. Notre arrivée à l’hôtel n’est pas passée inaperçue! Le soir, après une bonne douche, nous avons savouré notre bière au bord du Mékong en fêtant notre deux millième kilomètre.

Retour au Cambodge


Après avoir visité les tunnels de Cuchi, nous quittons le Vietnam pour retourner au Cambodge. Nous roulons avec allégresse car nous avons particulièrement apprécié le Cambodge et les cambodgiens. Nous adorons leurs sourires, leur gentillesse et leur spontanéité. Par rapport au Vietnam, nous sommes beaucoup moins sur nos gardes, nous nous installons dans les gargottes sans demander le prix des plats et nous ne soupçonnons pas une arnaque si un cambodgien nous accoste. En revanche, nous disons adieux aux petites routes secondaires bitumées (le Cambodge est le royaume des pistes poussiéreuses en plus ou moins bon état) et aux hôtels et restaurants en abondance. Notre portefeuille aussi est content: de 60 euros (et plus à Saigon), notre budget journalier pour deux passe à 20 euros (depuis le début du voyage, nous avons dépensé en moyenne 40 euros par jour pour deux). Nous traversons des provinces cambodgiennes en dehors des circuits touristiques. Les villes sont minuscules et sans charme mais la campagne est magnifique. Nous découvrons cette dernière en suivant des pistes à travers les villages et hameaux. Dans ce Cambodge rural, l’eau courante, l’électricité ou le béton n’ont pas encore fait leur apparition et nonobstant les omniprésentes motocyclettes, les quelques motoculteurs et les T-shirts à l’effigie de Mickey, la vie n’a guère changé depuis des siècles.
Nous entamons notre remontée du Mékong. Après avoir observé son delta au Vietnam, nous le retrouvons à Prey Veng pour le remonter sur près de deux milles kilomètres. Il sera notre fil conducteur pour le nord du Cambodge et pour tout le Laos. Nous le quitterons au nord du Laos pour aller à Hanoi.

dimanche 10 janvier 2010

Point météo

Aujourd’hui, nous avons vu nos premières gouttes de pluie depuis un moi et demi. Oh, il ne s’agissait pas d’un grosse averse, juste un crachin de quelques minutes mais cette ondée me donne l’occasion de faire un point météo. Nous sommes en pleine saison sèche. Le temps depuis notre arrivée est quasiment tous les jours identique. Le matin il fait 19° et le ciel est légèrement couvert. Vers midi, le soleil se découvre complètement et le thermomètre grimpe à 30°. Le soir il fait de nouveau 19°. L’hygrométrie est à peu près de 70°. Bref, nous sommes très loin de la vague de froid qui paralyse actuellement la France et pour l’instant nos ponchos, pull et vestes dorment au fond du sac.

Saigon



Saigon est porteuse de tant de mythes que j'étais enthousiaste à l’idée de la découvrir. Parmi les images associées à Saigon, celle de la guerre du Viet Nam est la plus forte. Le début d’Apocalypse Now où le capitaine délire sous un ventilateur qui se transforme en pales d’hélicoptères me revient en mémoire alors que moi-même je suis en train d’écrire sous un ventilateur brassant de l’air chaud avec une bouteille de bière à mes côtés. Nous sommes naturellement allés voir l’exposition permanente « Requiem » au musée des souvenirs de guerre. Cette exposition présente les plus belles œuvres des photographes morts pendant la guerre du Viet Nam. Nous avons été confrontés aux images extrêmement dures de la guerre et de ses crimes, le tout réhaussé par l’énorme talent de photographes comme Henri Huet ou Larry Burrows. Cette plongée dans la guerre est d’autant plus présente que partout trainent des avions, tanks et autres armes de guerre. Mais l’image de Saigon qui restera dans nos mémoires ne sera pas celle de la guerre du Vietnam. En effet nous sommes arrivés à Saigon le mercredi 7 janvier, jour des soldes en France et Saigon est une grande ville en solde avec toutes sortes de boutiques et notamment un énorme choix de boutiques de luxe. Lâcher Nawal dans une telle ville alors que depuis un mois et demi, elle n’a pas vu la moindre étiquette Tara Jarmon, Burberrys ou Chloé relève de la folie. Heureusement pour moi, l’idée de devoir tirer tous ses achats à travers les montagnes du Laos a été un bon frein à sa frénésie acheteuse. Ainsi nous avons arpenté les grandes artères de la ville en essayant des petites robes moulantes, des grandes robes en soie ou même des chaussures à talon (pratique pour faire du vélo!). Mais le plaisir féminin réside dans l’attrait de la possibilité et non dans la possession (ce qui arrange mon portefeuille). Pour ma part, je me suis contenté de 2 T-shirts. Le soir, nous avons fini au Sheraton Hôtel au 23ème étage à boire des cocktails (plus chers que notre hôtel!) avec vue sur toute la ville. Cependant cette escapade dans la ville de tous les plaisirs ne m’aura pas couté trop cher. En effet, nous avons une habitude prise depuis longtemps avec Nawal: lorsque nous sommes en désaccord sur un sujet, nous parions. A Dijon, les enjeux étaient des bouteilles de Bourgogne mais ici nous avons parié la note des 5 jours d’hôtel (100 dollars). Le sujet était la taille en m2 de la chambre. Vérification faite avec un mètre improvisé, j’ai gagné.
NB: je mets en photos 2 autres caractéristiques de Saigon: son trafic invraisemblable de motos qui passent dans tous les sens (il y a peu de voitures et énormément de 2 roues) et son réseau électrique dont on se demande comment il fait pour ne pas sauter.

lundi 4 janvier 2010

Delta du Mékong







Après une remise en jambe de 120 Kms, nous voici arrivés à Cantho au milieu du delta du Mékong. Le paysage est truffé de canaux, rizières et vergers où poussent des ananas, mangoustans, ramboutans, bananes, durians et autres délicieux fruits. Cette région, au sein de laquelle il est plus facile de se déplacer en barque qu’à pied, est aussi connue pour ses marchés flottants. A peine arrivés à notre hôtel (choisi après avoir visité la moitié des hôtels de la ville), une femme nous aborde pour nous vendre un voyage en bateau de 7 heures vers les marchés flottants (distants de 20 Kms) moyennant 30 dollars. Je lui réponds que nous préférons y aller en vélo et louer une barque sur place. Elle me le déconseille en me disant qu’il est très difficile d’y aller et qu’on va se perdre. Je la rassure en lui disant que j’ai mon guide personnel. Elle me regarde interloquée pensant avoir mal compris. En fait de guide, nous avons (merci Mehdi) une montre GPS. Je me connecte à Google earth depuis l’hôtel (de plus en plus d’hôtels ont le wifi et nous avons un netbook), je trace l’itinéraire vers les marchés flottants et je le rentre dans la montre GPS. Le lendemain, départ à 6h30 sur Passepartout. En 45 minutes, nous sommes sur place où nous louons les services d’une charmante femme et de sa barque antédiluvienne (et qui en porte les stigmates) pour 4 dollars de l’heure. Nous avons ainsi pu visiter ces marchés flottant typiques où nous étions les seuls européens. Le retour s’est fait par un autre chemin en suivant le GPS à travers un dédale de canaux, rizières et vergers. Le lendemain, nous sommes partis à Mytho en prenant des petites routes, entrecoupées de bacs avec passeurs, longeant les interminables vergers et leur fruits débordant sur le chemin.

dimanche 3 janvier 2010

Pour nous suivre sur google map

Comme je sais que des villes comme Kampot, Kep ou Cantho ne doivent pas être localisables par beaucoup d'entre vous, j'ai tracé notre itinéraire à vol d'oiseau sur la carte suivante (les distances kilométriques ne sont pas bonnes). Vous pouvez agrandir cette dernière et vous y déplacer à volonté. Je tiendrai cette carte à jour. j'ai également changé les règles de commentaires et maintenant même ceux qui ne sont pas inscrits peuvent laisser des messages.

Afficher tandemasie sur une carte plus grande

Phu Quoc



Nous poursuivons notre périple balnéaire par Phu Quoc (Vietnam) qui est une île relativement épargnée par le tourisme de masse. Nous avons choisi un petit hotel qui donne directement sur la plage. La journée, nous nous prélassons sur la plage de l’hotel ou sur des plages désertes à quelques minutes de vélo. Le soir nous dégustons des fruits de mer grillés au barbecue. Nous découvrons le Nuoc Mam (l’île produit le meilleur Nuoc Mam du Viet Nam). Celui-ci est extrait de poissons pourris. La fabrication est très artisanale (et se repère de loin à l’odeur), les restes de poissons croupissent dans des grands futs en bois pendant plusieurs semaines jusqu’à donner un jus à l’odeur forte et au gout nuancé. Dorénavant, nous agrémentons tous nos plats de Nuoc Mam. Nous avons fêté la nouvelle année dans un bar sur la plage autour d’un grand feu à boire des cocktails.
Manu oublie de dire que nous avons failli rester une nuit de plus sur l’ile. Nous avions pris soin de ne pas prendre un bateau trop tôt le 1er janvier (13h). Nous nous sommes rendus tôt à l’embarcadère et nous nous sommes livrés à notre activité favorite: manger des fruits de mer dans une gargotte. A la sortie du restaurant, nous trouvons bizarre que le bateau ne soit toujours pas arrivé. Renseignement pris, nous ne sommes pas sur le bon embarcadère, il faut 6 kilomètres pour s’y rendre et il est déjà 12h50. Nous enfourchons Passepartout et fonçons le plus vite possible sur une mauvaise route en terre. Nous arrivons à 13h02, tout essoufflés, juste à temps… pour voir le bateau s’éloigner du quai et partir. Il ne reste plus qu’un seul bateau à quai qui est lui aussi sur le point de partir. Nous discutons avec le capitaine qui refuse de nous prendre car on a pas de billet. Il s’ensuit un marchandage et nous obtenons de monter à bord sans billet moyennant 200.000 dongs par personne (8 euros). Passepartout bénéficie d’un tarif réduit: 20.000 dongs. Une fois à bord, nous pouvons enfin finir de digérer les fruits de mer qui ont repris de la vivacité avec cette course folle.

Et puis surtout, nous souhaitons une très bonne année 2010 à nos familles et tous nos amis.

vendredi 1 janvier 2010

Le respect dû aux sages femmes



Il y a une semaine, nous avons visité un temple khmer du 12ème siècle. Ce temple, un peu à l’écart, est relativement bien conservé malgré ses 9 siècles. Le site, très ombragé et bordé par un lac, invite à la rêverie. Sur un bas relief, figure une scène intéressante . Une femme qui vient d’accoucher a manqué de respect à la sage femme. En punition, elle doit porter toute sa vie sur sa tête une boîte contenant le placenta. Le mari supplie la sage femme de réduire la peine de sa femme. La sage femme est sculptée en grand (symbole d’importance).
Ainsi, il m’est venu une idée que je vous propose de présenter à Gilles lors de la prochaine réunion de service. Les femmes ayant manqué de respect vis-à-vis des sages femmes ou ayant été désagréables avec elles devront porter sur la tête une boîte contenant leur placenta. Par grande mansuétude, nous ne leur feront porter ce fardeau que pendant les 3 à 5 jours de présence à la maternité.

vendredi 25 décembre 2009

Quelques chiffres

Entre Phnom Penh et Kampot, nous avons passé la barre des 1000 kilomètres parcourus en tandem. c'est donc l'occasion de faire un point chiffré.
Partis depuis 22 jours
Nombre de villes étapes: 14
Nombre de jours sans vélo: 6
Nombre de pays traversés: 2
Kilométrage moyen les jours de déplacement avec bagages : 80
Nombre de jours max dans une ville: 5 à Siem Reap (Angkor)
Kilomètres parcourus : 1090 kilomètres dont 875 avec la remorque et tous les bagages et 215 sans les bagages.
Ennui de santé : une coupure superficielle pour Nawal
Ennui digestif: aucun (il a juste fallu que nous nous habituions au riz trois fois par jour)
Engeulades: quelques unes
Bons moments: beaucoup
Kilos de bagages délestés en chemin: +/- 5 kilos (il nous en reste encore 35!)
Manu a oublié un chiffre important: notre vitesse moyenne qui est de 22 Km/h. Elle dépend beaucoup du vent qui peut nous freiner à 17 Km/h ou nous pousser à 27 Km/h et de ma forme physique qui peut nous ralentir à 15 Km/h ou nous propulser à 33 Km/h.Manu espère qu'avec l'entrainement intensif actuel, notre vitesse moyenne pourra atteindre 25 Km/h et pour cela il ne lésine pas sur les moyens: les habits s'envolent et les sacs s'affinent.

Noël au soleil



Joyeux Noël à tous. Nous sommes actuellement à Kep à l'extrème sud du Cambodge. Nous passons Noël sur une île quasi déserte avec du sable blanc, une eau turquoise et des cocotiers mais cet environnement paradisiaque ne nous empèche pas d'avoir un petit pincement au coeur en pensant à nos familles respectives. Pour nous consoler nous sommes allés manger des crabes au poivre vert la spécialité de la région. Ceux-ci se commandent dans un des petits restaurants en paille construit sur pilotis au dessus de la mer. Après avoir commandé, nous avons vu le fils de la tenancière aller chercher les crabes dans des casiers juste sous nos pieds. Fraicheur garantie! Ces crabes sont un vrai régal. Demain nous passons au Viet Nam pour aller sur l'île de Phu Quoc

Phnom Penh






Un couple d’expatriés très sympathiques rencontrés à Siem Reap nous avait prévenu « vous allez être déçu par Phnom Penh, c’est une ville sans grand intérêt et à haut risque de vol ». Sur le coup, mon enthousiasme avait été refroidi, moi qui m’imaginais voir l’ancienne ville coloniale française avec son charme mystérieux qui l’avait fait surnommé « la perle cachée de l’Asie ». Notre première impression en entrant dans la ville, est que Phnom Penh est une capitale relativement peu développée, aucun haut building, pas de gratte ciel, pas de voie rapide, pas de pont suspendu et pas de quartier d’affaires avec des businessmen en costume. Il y a bien un quartier à touristes le long du fleuve, là où sont tous les hôtels, bars et prostituées mais c’est à peu près tout. Circuler en vélo n’est pas difficile, il y a peu de voitures et aucun embouteillage. On est à l’opposé de Bangkok ou Singapour, en fait cette ville ressemble un peu à Vientiane (capitale du Laos). Nous avons passé deux jours dans cette ville et outre la pagode d’argent (pagode royale recouverte de 5000 dalles d’argent de 1 Kg chacune) et le magnifique musée national, le site qui m’a le plus marqué est sans aucun doute le lycée Tuol Sleng. Ce lycée a été utilisé par les khmers rouges comme prison et lieu de torture. Rebaptisé S21, il a accueilli plus de 17000 personnes qui ont toutes été exécutées (soit un rythme de 100 exécutions par jour). Les exécutions se faisaient au gourdin pour économiser les balles. Les lieux sont restés intacts. Dans les pièces sont encore présent le lit en fer des prisonniers, leurs ustensiles et au mur sont collés les photos des cadavres trouvés par les Vietnamiens (qui ont chassés les Khmers rouges) sur ces mêmes lits . On a vraiment l’impression que les lieux ont servi hier. Le sentiment d’horreur qui s’en dégage est accentué par la banalité des lieux (un lycée comme il y en a des centaines) et sa situation au beau milieu de la ville. D’autres pièces sont remplis des photos des prisonniers que faisaient les geôliers à l’entrée au S21 et parfois après une séance de torture. Des hommes, des femmes et des enfants sont présents sur ces photos et nous regardent.
J’ai lu plusieurs livres sur les khmers rouges pour comprendre pourquoi un peuple
a exterminé les siens et pour connaitre l’idéologie qui justifie un pareil massacre (près de deux millions de morts soit 20% de la polulation!). J’ai ainsi appris avec tristesse que les responsables khmers rouges avaient été formés par le parti communiste français. La folie khmer rouge est la dérive d’idées magnifiques sur le papier mais destructrices en réalité. Elle découle de la prise du pouvoir par des gens incompétents, incultes et inconscients. Mais surtout elle révèle les instincts de mort et la sauvagerie présents en chacun de nous. Le livre « le portail » est à ce titre très informateur car l’auteur a connu Douch (le responsable de S21) lorsqu’il était jeune et nous décrit un homme plein d’humanité et de justice avec déjà cette part sombre qui se révelera plus tard et en fera un des plus grands bourreaux du vingtième siècle.
Dans les visages de Tuol Sleng, qui n’attendent que la torture et la mort, nous pouvons y lire du desespoir, de la tristesse ou de la résignation. Je sais que ce n’est pas nous que ces yeux regardent mais le bourreau qui a pris la photo il y a 30 ans cependant cette troublante superposition renforcée par notre forme physique excellente et notre certitude de bientôt sortir de cet endroit de mort pour aller prendre une bière me laisse un goût amer.
Je repense souvent aux visages de Tuol Sleng.

Skun

Ce matin, nous nous sommes levés à notre habitude vers 6H30. Après la corvée de faire nos sacs (fait et défait quasiment tous les jours), nous sommes allés vers une petite gargotte pour prendre notre petit déjeuner qui a consisté en un café fortement dosé en lait concentré et une soupe de nouille. Ce petit déjeuner est calqué sur les habitudes locales. De toute façon nous n'avions pas le choix car dans cette petite ville où personne ne parle anglais, il fut impossible de trouver un petit déjeuner européen ou un café buvable sans lait concentré. Nawal a eu plus de mal avec la soupe de nouille à 7 heures le matin dans laquelle flottent des morceaux de viande indeterminés et a préfèré quelques fruits et gateaux. Un peu avant huit heures, nous sommes partis sur Passe-partout. Le vent était favorable, nou filions a 25 kilomètres heures.
Au bout d'une heure, nous avons croisé un vieux Cambodgien en vélo nous faisant signe de nous arréter. En fait, il s'agissait d'un anglais de 72 ans. Je l'avais d'abord pris pour un cambodgien en raison de son accoutrement très simple et de son vélo presque aussi agé que son propriétaire muni de sacs ressemblant à tout sauf à des sacs de voyage. L'anglais nous raconta qu'il voyage seul à vélo au moins 4 mois par ans en Asie et ceci depuis plus de 10 ans. Il dort à la belle étoile dans un hamac. Son étape du jour est de plus de 80 kilomètres. Tout dans son attitude respirait une sorte de sérénité et un sourire illuminait son visage. Il s'agissait d'une sorte d'ermite cycliste.
Si à son âge, je suis capable de me passer de tout confort et de partir sur les routes à vélo, je crois que j'aurais atteint ce détachement si particulier que peu d'hommes savent trouver et qui conduit au bonheur.
Décidément, les cyclistes rencontrés se suivent mais ne se ressemblent pas.

dimanche 20 décembre 2009

Kompong Tom

Après deux jours de voyages, nous arrivons à Kompong Tom qui est une petite ville sans intérêt à part celui d’être à proximité du plus grand ensemble cambodgien de temples pré- angkoriens. J’étais en train de bricoler mon vélo au milieu du hall de l’hôtel entouré de 3 cambodgiens curieux quand je vois arriver un vélo de course suivi d’une remorque Bob yak (la même que la notre) et monté par un américain tout droit sorti du tour de France. Pour comprendre ma surprise, il faut savoir que les rares cyclistes rencontrés en chemin avaient des vélos de voyages solides bardés de bagages et un aspect un peu routard bref à l’opposé du vélo de course avec des pneus ultra fins et des chaussures rigides à pédales automatiques qui se tiennent sous mon nez. Chris (le prénom de l’américain) m’explique qu’il vient de faire les 165 Km depuis Siem Reap (que nous avons mis 2 jours à faire).
Nous allons prendre une bière et dîner avec ce charmant énergumène qui fait le tour de l’Asie du Sud-est en deux mois et demi à près de trente kilomètre heure de moyenne. Le lendemain nos chemins se séparent. Nous allons visiter les temples tandis que lui fonce vers Phnom Penh (encore une étape de plus de 160 Km!).
Les temples pré angkoriens sont situés au bout d’une piste plutôt défoncé de 30 km (les fesses de Nawal s‘en souviennent). En fait le site est plutôt mal en point car si les vestiges du 7 ème siècle ont bien résisté aux 13 suivants, ils ont eu plus de mal avec les dégradations systématiques des Khmers rouges et les cadeaux descendus du ciel des américains et de leurs B52 (ils ont lâché plus de bombes en 4 ans sur l’est du Cambodge qu’il n’y en a eu d’utilisées pendant la seconde guerre mondiale tous pays confondus). Le site est donc parsemé de cratères de bombes et d’éclat d’obus. Notre visite n’en a pas moins été fort instructive notamment grâce aux explications de notre guide et à ses efforts pour parler français (il apprend tout seul dans un dictionnaire). En échange d’une petite leçon de français, il nous a appris nos premières phrases khmères.

Bantea Srey



Au cours d’une discussion avec la femme qui tient notre guesthouse, celle-ci nous dit que le plus beau temple est celui du Bantea Srey. Le Lonely Planet le décrit effectivement comme le joyau de l’art Angkorien (il serait dommage de passer à côté!). Quelques lignes plus loin, j’apprends que c’est dans ce temple que Malraux a dérobé des sculptures avant de se faire prendre à Phnom Penh. C’est décidé, il faut absolument que je vois ce temple. A moi l’épopée sauvage et romantique si bien décrite dans « la voie royale », à moi le temple perdu environné de jungle sauvage et dangereuse.
Mais il reste un petit problème pratique: le temple est situé à 35 km de Siem Reap soit 70 km aller retour.
Moi  « On y va en Tuk-Tuk? »
Nawal « Pourquoi on irait pas en vélo? »
Moi « 70 km pour voir un temple ca ne rebute pas? »
Nawal «  70 km sans les sacs et la remorque, ça va être de la rigolade et puis on fait bien au moins 30 km par jour depuis qu’on est à Angkor, ça fera juste le double. »
Ainsi nous sommes partis à l’aventure en vélo pour voir le mythique temple de Malraux. En fait je pense que Malraux a quelque peu exagéré et romancé son épopée car le chemin pour aller au temple est en fait une gentille petite route circulant à travers les rizières et bordé d’habitations traditionnelles. Les seuls sauvages rencontrés sont des enfants de tous âges courant vers nous armés de leur sourires et nous décochant des « Hello » au passage. Quant au temple, magnifique s’il en est par ses fines sculptures, son seul danger se trouve dans la prolifération incontrôlée de touristes japonais (danger, il est vrai inconnu à l’époque de Malraux).

d'autres photos d'Angkor










A la découverte d'Angkor






Je prends la plume pour faire le guide touristique de la huitième merveille du monde: les temples d’Angkor. Une fois munis de notre ticket pour trois jours, nous nous concertons avec Emmanuel pour savoir dans quel ordre nous allons procéder : faut-il commencer par les temples les plus connus ou au contraire les garder pour la fin? Evidemment nous ne sommes pas d’accord : moi petite impatiente que je suis, fourbue après une étape de 110km, je veux enfin voir Angkor Vat, Emmanuel préfère aller à la découverte des temples moins connus. Après négociation et gain de ma cause, nous enfourchons passe-partout à toute vitesse pour partir à la découverte d’Angkor Vat que je rêve de voir depuis que j’ai visité « My son » au Vietnam. Enfin notre regard se pose sur ce monument: il est impressionnant par sa taille et mérite son titre de plus vaste édifice religieux du monde. En pénétrant dans ses entrailles, nous découvrons une extraordinaire série de bas reliefs dépeignant très souvent des scènes de bataille de l’époque ou encore des représentations religieuses issues du Ramayana hindou. Emerveillés, nous allons à la découverte du deuxième grand centre d’intérêt d’Angkor, à savoir la cité fortifiée d’Angkor Thom qui couvre 10 km2 et qui aurait à son apogée abritée près d’un million d’habitants. L’un des plus beaux éléments de cette cité est le Bayon: de loin, il ressemble à un tas de décombres et une fois que l’on a pénétré dans le temple, la magie opère! On s’aperçoit en fait que ce temple est constitué d’innombrables tours ornées de visages: 216 visages monumentaux aux sourires énigmatiques nous entourent de toute part. Tout dans cette cité atteste du génie des anciens khmers: - des portes immenses tournées chacune vers un point cardinal, hautes de 20 m et ornées de visages, percent les remparts. - une énorme terrasse de plus de 300 mètres de long appelée « terrasse des éléphants » avait été construite pour servir de tribune géante pour le roi lors des cérémonies publiques. Moins connu, le Ta Prohm est un temple volontairement abandonné à la jungle, donnant ainsi une bonne idée de l’aspect des monuments lors de l’arrivée des premiers explorateurs européens. Il ressemble actuellement à un ensemble de tours et de murs croulants qui ne tiennent plus que grâce aux arbres, à l’entrelacs des racines et à des charpentes en bois servant d’ossature interne.