Présentations


"L'important n'est pas la destination, c'est le voyage" RL Stevenson


Ce site est un blog de voyage d'une famille à vélo. Il a principalement comme but de donner de nos nouvelles à notre famille et amis. Les visiteurs sont les bienvenus.

vendredi 8 octobre 2010

Le désert argentin




Nous quittons Buenos Aires par bus pour gagner Mendoza. Je remonte Passepartout et nous sortons de la ville pour rejoindre San Juan à travers 200 km de pampa. San Juan est une petite ville viticole entourée de ses nombreuses vignes. Une atmosphère détendue s’en échappe. La sieste est obligatoire entre 13h et 17h (tous les magasins sont fermés!). Nous faisons le plein de courses et d’eau et nous partons vers le nord-est. A 1300m, le climat aride devient semi-désertique, les arbres disparaissent au profit d’arbustes d’épineux et la terre se mélange au sable. La température grimpe à 35° (et nous ne sommes qu’au début du printemps!). Passepartout se transforme en chameau roulant avec ses 10 litres d’eau embarqués. Nous faisons la connaissance du vent argentin. Ce dernier, violent et trop souvent de face, rend notre progression difficile. Il allonge les distances, augmente notre effort physique et ourdit nos oreilles au point que je n’entends plus Nawal distante de moi de 70 cm. Nous luttons pour atteindre un petit 100 km de distance. Le soir, fourbus, nous campons dans ce semi-désert. A 500 m de la route, cachés par de petits arbustes, nous plantons notre tente. Nous mangeons froid pour économiser l’eau. Nous nous couchons de bonne heure. Je laisse la porte de la tente entrouverte. Depuis mon chaud duvet (la température descend sous les 5° la nuit), je regarde le ciel. A des kilomètres de toutes lumières, il est remplit d‘étoiles. Je m’endors très vite.

lundi 27 septembre 2010

Hasta la vista Canada, Buenos dias Argentina

Les journées raccourcissent très vite. Les températures chutent le soir. Le temps est pluvieux. L’automne arrive à grand pas. Il est temps de quitter le Canada. Nous nous envolons pour l’hémisphère sud où par la magie des saisons nous arrivons pour le premier jour du printemps. Cela fait un an que nous n’avons pas vu d’hiver et franchement, cela ne nous manque pas.
A Buenos Aires, nous sommes de nouveau dépaysés. Une nouvelle langue, une ville latine… nous avons l’impression de commencer un troisième voyage (après l’Asie et l’Amérique du nord). Buenos Aires ressemble aux villes d‘Europe du sud et à même certains faux airs de Paris. Les Porténos (habitants de Buenos Aires) sont des descendants d’européens et ne diffèrent guère physiquement de nous. Ils prennent Nawal pour une brésilienne et lui parle en portugais (elle attribue fièrement ce fait aux 10 mois de vélo qui ont modelé son postérieur). Nous flânons dans la ville et profitons des nombreuses démonstrations de Tango et autres spectacles de rue.


dimanche 19 septembre 2010

Jacques et Julie



Parmi tous ceux qui nous ont hébergés, Jacques et Julie méritent une place à part. Nous les avons rencontrés en Ontario, le long du lac supérieur. Jacques, nous voyant passer avec notre drapeau français, nous a invité à prendre un verre. La pause qui ne devait durer que quelques minutes s’est prolongée et 3 heures plus tard nous discutions encore. En partant, ils nous ont fait promettre de leur rendre visite chez eux à Québec, parole que nous avons tenu avec plaisir. Jacques est un professeur retraité d’histoire, d’économie et de philosophie mais est surtout un grand admirateur des lumières et un théoricien invétéré du monde qui l’entoure. Il adore discuter longuement de ses sujets favoris. J’ai pris systématiquement le contre pied de ses positions rien que pour le plaisir des discussions qui se finissaient souvent autour d’un bol de sirop d’érable. Julie, professeur de français est réservée, sensible et attentionnée. Elle a vite noué une complicité avec Nawal. Nous avons passé 5 jours avec eux à parcourir leur région à vélo puis nous sommes partis vers Tadoussac et les baleines. A notre retour, nous avons tout naturellement logé chez eux et nous avions un peu l’impression de revenir à la maison. Enfin, ils nous ont aidé dans nos préparatifs et nous ont accompagnés à l’aéroport. Nous espérons vraiment les revoir en France.

La route des baleines.

(écrit par Nawal)
Nous quittons Québec pour nous rendre dans la région de Tadoussac, lieu connu pour son regroupement de baleines dans le fleuve Saint Laurent. La fin de la tempête Earl ainsi qu’une rive nord très pentue perturbent notre expédition. Nous roulons sous des trombes d‘eau pendant 2 jours. Ma motivation commence à être sérieusement entamée jusqu'à ce que nous nous arrêtions dans un gite tenu par Pierre et Nicole, un charmant couple franco-québecois.  Ils nous offrent les billets pour la croisière aux baleines comme participation à notre périple. Mon visage s’illumine.
Nous roulons sous la pluie vers Tadoussac. Le lendemain matin, nous sommes sur le bateau, impatients d’observer ces monstres marins de plusieurs tonnes. Mais le fleuve est trop mauvais, le bateau doit se réfugier dans le fjord du Saguenay et aucun mammifère ne pointe son aileron.
Nous descendons à quai dépités.
Emmanuel me lance:
« Tu es la chargée des relations publiques. La compagnie a modifié son trajet en raison des mauvaises conditions météo, essaie de négocier quelque chose »
Quelques heures plus tard, je reviens fanfaronnante avec 2 nouveaux billets que la compagnie m’a gracieusement remis!


Nous décidons cette fois d’attendre le beau temps pour retenter notre chance!
48 h plus tard, nous voilà repartis sous un soleil éclatant.
Nous ne tardons pas à entendre le premier souffle d’un rorqual commun (+/- 20 m de long et +/- 20 tonnes) suivie d’une colonne d’eau s’élevant à plus de 4 mètres. Son dos affleure le fleuve. Il est rapidement suivi d’un deuxième dos puis par des petits rorquals.
Notre attention est détournée par des petites têtes qui s’approchent du bateau: ce sont des phoques. Plus loin, des belugas nagent en formation. Nous savourons ce moment en compagnie d’un couple de français et leur fille, qui commencent leur tour du monde de 8 mois.

Québec


Autour de nous les affiches publicitaires et les devantures de magasins sont en français. Dans la rue, les gens parlent français. Que se passe-il?
Nous sommes au Québec!!!
Après 9 mois passés hors d’un pays francophone, cela fait vraiment du bien de réentendre le français. Assis dans un bar, j’écoute les conversations autour de moi. Comme c’est facile de les comprendre! J’apprends par la même occasion mes premiers mots de québécois: le chum pour le petit copain, niaiser pour perdre son temps, barrer pour cadenasser…Nous parlons avec les gens sans aucun effort et avec plaisir.
Les québécois utilisent plein de mots anglais qu’ils francisent (stamper pour tamponner, joker pour blaguer, avoir le fun… ) mais ils n’hésitent pas à traduire le panneau stop en arrêt, le KFC en PFK (poulet frit du Kentucky) ou le ferry en traversier.
Nous déambulons dans Montréal et un petit air de France se dégage des bars sympathiques, des petits restaurants et terrasses. Les marchés regorgent de produits frais vendus à grands cris bien français. Matin et soir, nous nous régalons de baguettes, pains au chocolat, éclairs au café ou opéras.
Nous aimons la vie animée de Montréal, son bilinguisme et son ouverture mais c’est Québec que nous préférons. Québec est 100% française. Avec ses petites rues et ses murailles, cette ville a gardé l’empreinte des premiers colons français et c’est un plaisir de trouver un petit bout de France perdu dans cette Amérique du nord si anglo-saxonne.
A Québec, nous avons la joie de retrouver Julien et Marie-Clotilde (des amis expatriés aux USA) qui nous présentent leur charmant petit garçon de 7 mois. Nous passons un agréable week-end (pardon « une fin de semaine» , nous sommes à Québec!) en leur compagnie.

NB: les photos sont respectivement prises à Toronto, Ottawa et Québec

jeudi 9 septembre 2010

212 kilomètres

-  La distance entre Ottawa et Montréal est de 210 km. Tu veux faire le trajet en un jour?
 Nawal me regarde d’un œil intéressé.
- Pourquoi pas ?
-Cela sera ton cadeau d’anniversaire.
Nawal a eu 35 ans et lamentablement je n’ai rien trouvé à lui offrir. Il faut dire qu’on est 24 heures sur 24 ensemble et que les intérêts de Nawal se portent surtout sur les meubles et autres belles pièces qui sont difficilement transportables à vélo. Elle est paradoxalement celle de nous deux qui tient le plus à battre nos records de temps, distance, vitesse…(données qu’elle note consciencieusement tous les soirs dans son carnet). Cela fait déjà plusieurs semaines qu’elle veut franchir la barre symbolique des 200 km.
Elle me lance un regard courroucé.
-Ce n’est pas un cadeau!
-Comment ça « pas un cadeau»! Tu en connais beaucoup des hommes qui sont prêts à suer pendant 10 heures pour faire plaisir à leur femme? Est-ce que 10 heures d’efforts intenses ne valent pas plus que 5 minutes passées dans un magasin?
Elle éclate de rire.
-Cadeau accepté. Allons y.
Le lendemain, le challenge parait d’emblée compromis. Nous partons trop tard (9h30) et surtout le vent est en pleine face. Nous maintenons difficilement les 20 km/h. Nous sommes cependant fort motivés et ne ménageons pas nos efforts. Vers 13 heures, nous faisons notre pause casse-croute. Nous avons effectué 80 km. Nous ne nous attardons guère. Dans l’après-midi, nous nous sentons en pleine forme. Malgré le vent toujours de face, nous améliorons notre vitesse moyenne à 24 km/h. Nous sommes euphoriques, les 200 km sont à notre portée. Nous ne faisons aucune pause et filons vers Montréal. A 21 heures, à la nuit tombée, nous entrons dans Montréal. Nous nous arrêtons dans un hôtel en centre ville, fatigués mais heureux et fiers. Nous avons pédalé 212 kms en un peu moins de 10 heures à 23,7 km/h de moyenne.

mardi 17 août 2010

Niagara

Nous sommes à Niagara. Nous avons fait un détour de 300 km pour voir les chutes et nous sommes impatients de les découvrir. Nous traversons la ville et le spectacle est pour le moins déconcertant. A de longues rangées de Motel minables, succèdent des établissements de striptease et de massages. Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Le centre même de Niagara ressemble à un parc d’attraction. Partout, clignotent des néons agressifs vantant la meilleure attraction ou la meilleure sensation forte de la ville. Une odeur de graisse s’échappe des trop nombreux fast foods. Les vitrines de ces derniers sont recouvertes de publicité déclinant toute la même idée « manger plus pour moins cher ».
Nous continuons à rouler jusqu’au point de vue sur les chutes. Nous les contemplons et d’une même voix nous nous exclamons « je croyais qu’elles étaient plus grandes que ça !». Un peu déçus, nous allons, comme des milliers de touristes, prendre le bateau pour nous rapprocher des chutes. En bon petit mouton nous suivons la personne devant nous, enfilons nos ponchos bleus et entrons dans le bateau. Nous avons l’impression désagréable d’être des consommateurs d’un tourisme de masse. Le bateau part et les chutes nous apparaissent alors dans toute leur hauteur. Nous sommes tout petit face à ces murs d’eau d’où jaillit une puissance phénoménale. Les embruns sont tels que nous sommes trempés. J’essaye tant bien que mal de protéger mon appareil photo. Un sourire nous monte aux lèvres devant la grandeur de ces chutes qui nous avaient parues si petites vues d’en haut. Nous débarquons et nous nous promenons le long de la falaise. Un rayon de soleil apparait et illumine les cascades. « Et si nous allions boire un café accompagnés de muffins pour compléter notre acclimatation à la culture canadienne? »

lundi 16 août 2010

Camping sauvage



En haut d’une côte, nous apercevons le lac supérieur. Cela fait 20 km que nous cherchons un endroit pour camper sans rien trouver. Il faut dire que nous sommes un peu exigeants. Il nous faut un endroit discret, au calme, plat, confortable, avec de l’eau et sans moustiques. Nous avons même crée un score de notation de camping sauvage basé sur 5 items. L’apparition du lac se double de celle d’une longue plage qui le borde. Pas une seule habitation, l’endroit semble parfait. Nous cherchons puis empruntons un petit chemin à travers les arbres pour aboutir à une plage de sable fin. Des vagues se brisent sur la berge tandis que l’étendue d’eau se perd à l’horizon. Nous n’avons vraiment pas l’impression d’être au bord d’un lac! La tente est installée rapidement et les nouilles cuisent sur le réchaud. Nous en profitons pour aller nous laver dans le lac avant de nous sécher à la chaleur du feu. C’est notre plus beau camping sauvage qui récolte la note de 18/20.

Des cadeaux


Nous montons une côte assez raide le long du lac supérieur. J’espérais que la route longeant le lac serait plate mais depuis 500 km, elle ne fait que monter et descendre. Nous sommes donc en plein effort quand s’arrête une voiture 500m devant nous. Un homme en sort et se dépêche de chercher quelque chose dans son coffre. Je pense qu’il s’agit encore d’un photographe en herbe voulant immortaliser deux cinglés de français suant à grosses gouttes sous un soleil implacable… il n’en est rien. L’homme, imitant les ravitailleurs du tour de France, nous tend à bout de bras deux sodas et un paquet de chocolat. Nous nous arrêtons et entamons la discussion. Il est visiblement ravi de nous rencontrer et nous explique qu’il a beaucoup voyagé en vélo en France dans les années 80. A cette époque, beaucoup de français l’avaient invité chez eux et un inconnu lui avait même donné de l’argent pour dîner à sa santé. Il est actuellement en voyage d’affaire et s’excuse de ne pas pouvoir nous inviter à souper. Il me tend 45 dollars pour notre repas du soir. Je suis un peu surpris par son geste et refuse. L’homme, prénommé Scott met l’argent dans ma sacoche en me disant que si je n’en veux pas, je n’ai qu’à le laisser sur le bord de la route!
Des cadeaux, nous en avons eu beaucoup au Canada: une montre de la part d’Andrew et Amanda, un harmonica de Franck le musicien, deux T-shirts de l’association de D’arcy, une améthyste d’un gérant d’un camping (qui s’est excusé de ne pas nous en avoir donné une plus grosse par peur de trop nous alourdir!), 3 invitations d’hébergement et je ne compte pas les cafés et boissons offerts par des inconnus ni réductions en tout genre dont on a bénéficié. Décidément, les canadiens sont vraiment généreux.

vendredi 23 juillet 2010

The Canadian’s Rockies








La route 93 traverse les parcs nationaux de Banff et de Jasper sur 230 km. Fièrement les Canadiens proclament qu’elle est la plus belle route du monde. Il est amusant de constater que chaque pays a sa plus belle route du monde. Elle est néanmoins bien jolie. Elle chemine entre 1400 et 2100 mètres d’altitude dans un paysage grandiose. Les glaciers sont légions (25 dont 3 majestueux), ainsi que les lacs, torrents et cascades. Les animaux sauvages sont abondants et peu craintifs. Nous avons croisé des wapitis (grands cervidés), des mouflons, des coyotes, des renards, quantité d’écureuils, marmottes, des oiseaux inconnus et bien sûr des ours. Les emplacements autorisés de tente sont souvent au bord de lacs ou de torrents et la beauté de l’endroit fait oublier que pour la plupart, ils n’ont même pas de douche. En chemin, nous rencontrons des cyclistes allemands puis des hollandais avec lesquels nous faisons un bout de route. Nous les retrouvons au camping le soir. La rencontre qui nous a le plus surpris est celle d’un couple de suisse sur leur tandem. Au cours de la discussion, il m’apprend qu’il a 80 ans et sa compagne 65. J’étais tellement incrédule devant son excellente forme physique (cf photo) que je lui ai fait répéter trois fois son âge jusqu’à ce qu’il me demande avec un œil malicieux si je veux voir son passeport. Ils voyagent 5 semaines par an en tandem depuis 30 ans. Ils ont parcouru 75000 km sur le globe. Je serai bien heureux si je pouvais moi aussi gravir des cols à plus de 2000 m en tandem à l’âge de 80 ans.

Les warmshowers







Cela fait maintenant 15 jours que nous sommes au Canada et nous nous y sentons bien. Nous avons passé une période de transition désagréable après l’Asie. D’un pays où le dépaysement et l’étonnement survenaient pour chaque détail de la vie quotidienne, nous sommes passés à un pays si semblable au notre. La société de consommation et ses excès nous sautaient aux yeux. Tous les prix nous semblaient exorbitants. Nous n’étions plus des extra-terrestres mais des gens lambdas auxquels plus personne ne prête attention.
Actuellement, nous prenons goût à voyager dans un pays où les gens nous ressemblent tant. Nous apprécions surtout le plaisir de pouvoir communiquer. Les warmshowers sont une excellente source d’échange. Reçus dans l’intimité des gens, nous partageons avec eux un moment de vie. Ainsi, nous avons logé chez un soixantenaire hyper actif ayant fait des voyages à vélo dans les années 70, chez une mère de famille ayant fait du cyclotourisme en Europe et en plein entrainement pour l’iron man, dans une famille de fermier dont le père fan de vélo à bien du mal à convaincre sa famille et projette par dépit de partir tout seul à vélo…Ils ont tous avec nous un point commun, la passion du vélo. Ils comprennent d’emblée nos désirs et nos besoins. Nous parlons de nos voyages, nos projets et partageons nos plus belles photos. Ces échanges, si enrichissants sont exactement ce qui nous a le plus manqué lors de notre voyage en Asie.

dimanche 11 juillet 2010

Les ours noirs




-Regarde, cet emplacement est idéal pour camper.
Nous sommes dans le parc national de Manning. Nous avons 1800 mètres de dénivelés positifs dans les jambes et recherchons un endroit calme pour la nuit. L’emplacement est à l’écart de la route, plat, juste à côté du torrent avec de l’herbe moelleuse … et avec une tache noire qui bouge. C’est un ours noir qui est tranquillement en train de manger des baies sauvages. Il est à 20 mètres de nous et semble totalement indifférent à notre présence.
-Bon, on va peut-être abandonner l’idée du camping sauvage et se rabattre sur un camping officiel
-Oui. Au moins on sera sûr de ne pas partager l’espace avec un ours.
20 km et un col plus loin, nous sommes enfin arrivés dans un camping. Il y a plusieurs caravanes et de nombreuses voitures, l’endroit nous semble plus sécurisant.
A 6 heures du matin, j’entends un bruit. Il s’agit d’un ours noir en train d’éventrer notre sac plastique contenant la boîte de sauce tomate utilisée pour les pates de la veille. J’ avais eu la flemme de traverser tout le camp pour la jeter et l’avais juste mise dans un sac plastique à 5 mètres de la tente. J’entrouvre la tente et l’ours au bruit de la fermeture éclair prend la fuite. Nous rions pendant 5 minutes avec Nawal de cette aventure quand nous entendons un bruit sourd et sentons le sol trembler. C’est l’ours qui passe juste à côté de la tente. Une épaisseur de toile nous sépare. Nous entendons sa respiration d’autant plus distinctement que la notre est coupée. L’ours se dirige de nouveau vers la boîte de conserve et entreprend tranquillement de lécher l’intérieur. Nous l’observons pendant un long moment. Nous ne sommes pas effrayés mais plutôt amusés par cet ours qui semble si placide avec toute cette sauce tomate sur le museau. Nawal plaisante
-si j’avais su, je n’aurais pas fait la vaisselle hier. Il semble vouloir tout nettoyer.
Après le départ de l’ours, nous nous promettons de ne plus jamais laisser la moindre trace de nourriture dans ou en dehors de la tente.

De Seattle à Vancouver





Nous passons une semaine à Seattle, chouchoutés par Fred. Nous nous régalons de ses bons petits plats (que c’est bon la nourriture française après 6 mois en Asie). Nous en profitons également pour acheter tout le matériel pour camper car les hôtels sont chers au Canada (pauvre Fred qui a du faire la tournée de tous les magasins de camping de Seattle!). Sacs de couchage, tente, matelas, réchaud, casseroles rejoignent donc notre barda nécessitant des sacoches et portes bagages supplémentaires. C’est donc chargés comme jamais que nous reprenons la route. Notre première étape est Vancouver. Nous avons prévu de loger chez Andrew et Amanda. Ils sont membres de warmshower qui est une association de cyclistes proposant un hébergement réciproque. Nous arrivons fort tard chez eux après une longue étape. Ils nous reçoivent très gentiment. Passepartout trouve sa place dans le salon en compagnie de 4 autres vélos (en tout ils en ont 8 pour 2 personnes.… je ne suis pas le plus fêlé!). Nous sympathisons d’emblée avec ce couple très sympathique qui nous fait visiter Vancouver à bicyclette. Vancouver est une ville très agréable, placée entre mer et montagnes où 10% de la population se déplace en vélo. Le lendemain, ils nous emmènent à Whistler, la station de montagne hôte des derniers JO. Nawal découvre les joies du pur vtt (avec quelques chutes et bosses à la clé). Nous passons deux jours très agréables avec eux. Nous restons deux jours de plus à Vancouver chez d’autres membres du warmshower habitant une grande maison avec 5 jeunes colocataires. Dans l’entrée il y a 7 vélos! Nous avons beaucoup aimé la qualité de vie de Vancouver.

samedi 3 juillet 2010

Seattle


Cela fait deux heures que nous sommes à l’aéroport de Seattle en attendant Frédéric (mon autre frère). Nous sommes fatigués après 15 heures de vols et n’avons aucun moyen de joindre Frédéric. Viendra-t-il? S’est-il trompé d’heure, d’aéroport? Nous nous sentons un peu perdu dans cet aéroport au milieu d’américains en voyage. Nos repères sont bousculés après six mois en Asie. Rien ne nous différencie désormais des autres voyageurs. Je ne dépasse plus tout le monde d’une tête et personne ne nous regarde en souriant. Personne ne vient nous parler pour nous dire welcome in China suivi de 5 minutes de phrases en chinois auxquelles nous ne comprenons rien. Nous avons un pincement au cœur de ne plus être en Asie. Où sont passés les sourires, la gentillesse et la politesse chinoise? Nous allons nous réconforter en achetant 2 cookies. Quoi! 4 dollars pour deux cookies! Euh, on peut payer en yuan?
Devant nous, défilent des américains obèses tirant des énormes valises qu’ils engouffrent dans des monstrueux 4x4. Nawal échafaude une théorie: ils sont obèses donc ils ont des énormes valises pour mettre leurs grands vêtements, donc des voitures gigantesques pour transporter leurs valises, des garages grands comme un appartement pour garer leurs voitures… Nawal en est là de ses réflexions philosophiques quand j’entends une voix au haut parleur « Mr DG, please call the 911 ».
C’est Fred qui me fait appeler par haut parleur n’arrivant pas à me trouver. Nous tombons dans les bras l’un de l’autre, heureux de nous retrouver après une si longue absence.

En route pour les amériques

Initialement, nous avions prévu 6 mois de vélo en Asie suivi de 6 mois en bus en Amérique du sud. Actuellement, nous ne n’avons plus aucune envie de passer de trop longues heures entassés dans des bus pour aller de ville en ville sans rien voir des campagnes et des paysages. Le voyage à vélo nous plait tant que nous avons envie de le poursuivre. Juillet-aout n’étant vraiment pas la bonne saison (hiver) pour voyager en Amérique du sud, nous décidons de changer nos projets et de visiter le Canada. Nous avons adoré les grands espaces montagneux du Sichuan-Tibet et nous attendons avec envie ceux du Canada. Cerise sur le gâteau, Frédéric (mon autre frère) habite à Seattle depuis 6 mois. C’est une très bonne occasion d’aller le voir. C’est décidé, notre traversée du Canada commencera à Seattle!

L’aéroport de Beijing





Nous sommes de bonne heure à l’aéroport. Nous sommes anxieux en raison de notre dernière expérience de transport aérien du vélo (voir début du blog). L’employé d’Air Canada commence par nous dire que notre vélo est trop grand pour être embarqué. Nous avions choisi Air Canada en raison des dimensions acceptées et appelés 3 fois pour être sûr qu’il n’y aurait pas de problème. Une coulée de sueur passe sur mes tempes quand je remesure avec son chef le carton pour lui démontrer qu’il rentre dans les critères de la compagnie. D’un signe de tête, il acquiesce et du coup ne nous fait payer que 40 euros en oubliant notre excédent de poids. Ouf on s’en tire bien!
-Mais pourquoi l’avion ne décolle-t-il pas?
Au bout d’une heure, le pilote nous explique que la cargaison est trop volumineuse et qu’ils doivent la refaire. 40 minutes plus tard, une annonce au micro « notre chargement étant trop lourd, nous devons recalculer notre plan de vol». Encore 40 minutes plus tard une troisième annonce, « nous sommes toujours trop lourds et devons nous défaire d’une partie de la cargaison ».
Je regarde les machinistes extirper des cartons des soutes de l’avion en attendant fébrilement une quatrième annonce « M. de Gournay, votre tandem est trop lourd, nous le laissons en Chine ». Mais non, aucune annonce et les cartons retirés sont des cartons de fret. Nous pouvons enfin partir avec 3 heures retard. Je m’endors rapidement épuisé par ces émotions.

Au revoir la Chine!




(écrit par Nawal)
Notre voyage en Asie touche à sa fin! Nous avons 5 jours devant nous pour organiser le transport de Passepartout et visiter les principaux sites touristiques. Nous arpentons la ville à la recherche de pièces pour le vélo, de cartons d’emballage, de papier bulle…
-  Manu, comment dit-on papier bulle en mandarin?
- ???
Après avoir trouvé ce dernier et traversé la ville avec chacun notre carton de vélo sur la tête, Manu s’attelle à rendre le vélo transportable! A la fin de la journée, Passepartout ressemble à un amas de pièces détachées! Enfin, il est emballé, pesé et mesuré. Nous faisons 3 fois les bagages mais nous avons toujours un excédent de 15 kilos. Nous devrions payer entre 150 et 250 dollars pour le vélo et le surpoids.
L’esprit libre, nous pouvons enfin visiter Beijing.
Nous commençons par le Palais d’été qui est un domaine immense comprenant un lac, des jardins, temples et galeries, construit pour épargner l’empereur de la chaleur étouffante de la ville en été. Le site grouille de touristes chinois qui ont 3 jours de vacances.
Nous visitons la Cité Interdite sous une pluie battante. La cité, dédale de palais aux toits ourlés de dragons est une vraie merveille!
Le dernier jour, nous parcourons quelques kilomètres sur la grande muraille. Elle reste très impressionnante même si les tronçons visitables ont été complètement refaits et si elle est beaucoup moins grande que les Chinois ne le laissent entendre.
Ce cadre somptueux sera la dernière image de notre séjour en Asie!
En revenant, nous sympathisons avec un jeune sommelier chinois. Nous passons avec lui notre ultime soirée en Chine.